The Red Strings Club du studio Deconstructeam est un thriller narratif d'une durée de quelques heures et qui vaut la peine que l'on s'y intéresse. A présent que je l'ai fini, "il pleure dans mon coeur comme il pleut sur la ville", comme dirait l'autre.

Le jeu s'ouvre sur la mort du jeune Brandeis, à la fin de l'histoire : il va donc s'agir de comprendre ce qui a mené à cette tragédie. Le Red Strings Club est un bar à l'ambiance intimiste où le gérant, Donovan, établit des cocktails un peu spéciaux, puisqu'ils entrent en résonnance avec les émotions refoulées de ses clients. L'univers est dystopique et cyberpunk, dans une société capistaliste pas si éloignée de la nôtre où les augmentations transhumanistes sont devenues courantes. Un jour, une androïde réussit à atteindre le bar dans un sale état, et délivre à Brandeis et Donovan ses secrets...



Le gameplay est divisé en fonction des différents personnages incarnés, mais c'est principalement le barman Donovan que l'on va suivre mener l'enquête. On se met donc à concocter des boissons pour satisfaire les besoins des clients...ou plutôt les nôtres. Car c'est bien de tact dont il faudra faire preuve en jonglant entre les états d'esprits que suscitent les boissons, les questions à poser, ainsi que nos propres réponses. Les personnages sont assez bien écrits pour que l'on se sente impliqué, et leurs réactions sont réalistes. Cela mène à tenter de les anticiper, de les comprendre.

Le jeu est assurément linéaire : un arbre de choix permet de clarifier l'impact du joueur/de la joueuse sur l'histoire, sans qu'il n'y ait de réel embranchement. Ce qui est visé, c'est plutôt la mise en place d'une expérience personnalisée où je suis confronté.e à des prises de positions qui versent clairement dans le politique. De ce point de vue-là, il y a des idéaux qui sont assumés par la narration, même si celle-ci invite à se poser des questions.



Les thèmes principaux du jeu sont assez évidemment le transhumanisme et le capitalisme, mais très rapidement ceux-ci glissent vers la société et les rapports de pouvoir qui l'animent. Finalement, la question est celle de l'être humain, de sa définition, de son bonheur. S'ils résonnent avec notre monde complexe, le jeu tout entier est un appel à la réflexion, à l'implication. Car faire l'expérience de The Red Strings Club, c'est se confronter à des questions politiques et philosophiques, des questions éthiques.

Pour conclure, il serait injuste de ne pas mentionner la direction artistique soignée du titre, avec particulièrement sa bande-son hypnotisante qui flirte entre tension, mélancolie et soirées sans fin.


"I wonder when it was my fate was sealed."
Brandeis